Les Émirats arabes unis commencent à facturer en décembre leur nouvelle redevance pour usage de musique, et le communiqué du ministère de l'Économie et du Tourisme y intègre les concerts. Le barème tarifaire publié ne prévoit aucune case pour eux.
Ce qui s'est passé
Le ministère de l'Économie et du Tourisme des EAU a publié le 11 août 2026 le « Collective Management in Music Guide », en vertu de la résolution ministérielle n° 136 de 2026. Reed Smith l'identifie comme la version 1.1, avec effet au 1er décembre ; le ministère situe le début de la facturation début de ce même mois.
Le périmètre que recense le communiqué est large : restaurants et cafés, centres commerciaux, centres sportifs, hôtels et hôtels flottants, compagnies aériennes, stations de radio, chaînes de télévision, et « concerts et événements similaires organisés aux EAU ». Le droit n'est pas nouveau : le guide s'appuie sur le décret-loi fédéral sur le droit d'auteur de 2021 et son règlement d'application de 2022. Deux organismes autorisés par le ministère perçoivent la redevance, Emirates Music Rights Association et Music Nation, et la licence est accordée pour un an renouvelable. Sont exclus les établissements d'enseignement, les entités gouvernementales, les occasions nationales et les célébrations personnelles non commerciales.
Les catégories sont fixées selon la nature de l'usage et l'échelle de l'activité. Voici les tranches publiées par Gulf News et par le cabinet Hamdan Al Shamsi :
| Catégorie | Tarif annuel publié (AED) |
|---|---|
| Restaurants et cafés avec musique enregistrée | 1 500 jusqu'à 50 places ; 2 700 de 51 à 100 ; 4 800 de 101 à 200 ; 20 par place au-delà, plafond 6 000 |
| Restaurants et cafés avec DJ, et discothèques | 2 500 jusqu'à 50 places ; 3 500 de 51 à 100 ; 6 500 de 101 à 200 ; 20 par place au-delà, plafond 8 000 |
| Centres commerciaux (parties communes) | 625 pour les 100 premiers m² et 50 par tranche de 25 m² supplémentaire, plafond 50 000 |
| Hôtels | de 50 à 150 par chambre selon la catégorie, plafond 25 000 |
| Compagnies aériennes | 5 000 jusqu'à 50 places ; 10 000 de 51 à 300 ; 30 000 de 301 à 500 ; 45 000 au-delà de 500 |
| Concerts et événements similaires | Inclus dans le communiqué, sans montant dans les barèmes publiés |
Pourquoi c'est important
La couverture médiatique a présenté cette mesure comme une taxe pour les cafés et les centres commerciaux. Pour qui organise un concert, le problème est tout autre : le communiqué les inclut et aucun barème publié ne leur attribue de montant. Ce n'est pas une exemption : c'est un vide.
Deux raisons empêchent de déduire le chiffre à partir de la ligne voisine. La première est que les tranches se calculent par places, et un club sans sièges ou un festival n'ont pas cette unité de mesure. La seconde est que le guide ne précise pas qui paie, l'organisateur ou le lieu, et le communiqué parle d'« entités et établissements » sans répartition.
Le contrôle, lui, est bien prévu : le ministère effectue des inspections sur place, examine les registres et systèmes, et traite les réclamations ; il peut aussi modifier les conditions d'une licence en vigueur. 10 % des sommes perçues financent un fonds culturel dédié à la musique.
Ce n'est pas la seule échéance en cours aux EAU : le délai de la facturation électronique est fixé par un autre ministère, celui des Finances, et arrive à échéance plus tôt. Et tant qu'aucune case n'existe pour le live, la seule chose à faire reste de demander au lieu si sa licence couvre l'événement et auprès de laquelle des deux entités il l'a obtenue, de la même manière qu'on vérifie les autorisations et la TVA avant de vendre le premier billet.